Utiliser le transfert de connaissances axé sur l’équité afin d’améliorer l’équité en matière de santé de l’enfant

À l’été 2012, le Centre of Environmental Health Equity (CEHE) a organisé, en collaboration avec le PCSEE, un atelier à Vancouver portant sur l’équité en matière de santé de l’enfant. Soutenu par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), cet atelier d’une semaine a rassemblé 20 participants provenant des sphères de la recherche en santé, de la promotion de la santé et de la politique sur la santé venus suivre une formation sur le transfert de connaissances axé sur l’équité.

« C’est une philosophie différente de celle appliquée en recherche qui pousse un chercheur comme moi à sortir de la tour d’ivoire et de la structure hiérarchique de manière à ce que, plutôt que de penser que mes recherches alimenteront les connaissances de quelqu’un d’autre, et c’est là vraiment une manière tout à fait différente, ce soit leurs connaissances qui alimentent la recherche que nous menons ensemble », explique Scott Venners, un épidémiologiste travaillant à l’Université Simon Fraser qui a participé à l’atelier.

Les travaux de recherche de Scott concernent les effets de la pollution environnementale sur les maladies chroniques, et se concentrent notamment sur des questions de santé et d’équité parmi les différentes populations vivant au Canada.

« Nous accordons un rang aux personnes en fonction des quantités de polluants environnementaux que nous retrouvons dans leurs échantillons de sang et d’urine, puis nous regardons si cette exposition est associée à un quelconque problème de santé », dit Scott. « Certains sous-groupes de la société canadienne – les populations vulnérables – présentent des problèmes de santé plus graves, et c’est de là que provient l’idée d’équité, parce que ces problèmes de santé plus graves chez ces sous-populations sont évitables et injustes. »

Les travaux de recherche de Scott englobent tous les groupes d’âge, mais les enfants demeurent une préoccupation particulière.

« Il s’agit probablement de la période de notre vie durant laquelle nous sommes le plus vulnérable aux polluants environnementaux parce qu’il se passe tellement de choses », dit Scott. « Les cellules se divisent, les cellules se différencient, elles croissent et elles créent toutes les nouvelles cellules. Il y a beaucoup de signaux hormonaux et parfois, notre corps peut confondre un polluant environnemental avec des œstrogènes ou des androgènes; il mésinterprète alors le signal et fait une erreur », explique-t-il.

Les stagiaires des Détenteurs de connaissances ont formé des sous-groupes qui ont appliqué l’approche du transfert de connaissances axé sur l’équité à différents projets pilotes au cours des mois qui ont suivi l’atelier. L’équipe de Scott travaille avec l’organisation Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO) dans le but de rassembler les communautés autochtones et différents types de chercheurs, de promoteurs de la santé et de militants afin de concevoir un outil permettant d’évaluer les effets sur la santé environnementale des enfants qui découlent du développement minier et hydroélectrique se déroulant dans leurs communautés.

« Ce que l’approche de transfert de connaissances axé sur l’équité m’offre, c’est un moyen de transformer ma recherche en une pratique où s’engagent les communautés », dit Scott. « C’est la différence entre être dans une pièce à analyser des données à l’aide d’un ordinateur et être au sein d’une communauté afin de réellement contribuer aux actions qu’elle met en œuvre afin de rendre l’environnement plus sain pour ses enfants. »

Par ailleurs, Scott se sert des travaux du PCSEE dans sa classe à l’Université Simon Fraser. Le PCSEE a récemment organisé une série de séminaires web portant sur les liens entre les expositions environnementales précoces et les maladies chroniques. Cette série comportait notamment une séance sur le rôle soupçonné des substances chimiques perturbant le système endocrinien dans l’obésité, le syndrome métabolique et d’autres problèmes de santé reliés. Scott a alors installé un grand écran de projection de manière à ce que ses étudiants de maîtrise et les membres de la faculté puissent assister ensemble au séminaire web et y participer.

« Cette téléconférence a permis aux gens d’interagir, de poser des questions. Et ça a marché! » indique Scott. « Ça a été pour nous un bon outil d’enseignement. Il a permis aux étudiants d’apprendre des choses qu’ils ne connaissaient pas auparavant et nous avons ensuite eu une bonne discussion. »

Vous pouvez communiquer avec Scott Venners par courriel à scott_venners@sfu.ca