Un partenaire du PCSEE fait des pressions pour que les « substances toxiques nuisant au développement » soient mentionnées dans les normes en matière de jouets

Lorsque l’organisation responsable de définir les normes Underwriters Laboratories (UL) a demandé au PCSEE de commenter la version préliminaire de ses critères de durabilité pour les jouets, Barbara McElgunn était à la fois heureuse et capable de le faire. 

Barbara est représentante de l’Association canadienne des troubles de l’apprentissage (ACTA) au PCSEE depuis la création de ce dernier en 2001. Depuis plus de 30 ans, elle effectue de la recherche, rédige des documents et présente des témoignages ainsi que des plaidoyers afin que les effets des substances neurotoxiques sur le développement de l’enfant soient mieux compris. 

Son long travail d’exploration puise ses origines dans deux préoccupations qui remontent aux années 1960, alors qu’elle vivait à Montréal. La première était liée à son stage postdoctoral spécialisé en neurologie à l’Institut de neurologie de Montréal. L’autre, à son rôle de mère d’une jeune famille. 

« Deux de nos garçons ont développé des troubles de l’apprentissage », raconte Barbara. « L’un d’eux était atteint d’un retard de la parole et était un peu maladroit; nous avons alors compris que c’était relié au cerveau. L’autre manifestait des problèmes de lecture à l’école. »

« À ce moment-là, nous pensions tous que nous pourrions régler ça par l’éducation. J’ai travaillé en collaboration très étroite avec les “éducateurs spécialisés” dans les écoles, et j’étais complètement engagée dans l’aspect éducatif. Puis, j’ai pensé, “tu sais, nous devrions considérer ceci d’un point de vue médical, d’un point de vue neurologique.” » 

C’est ainsi qu’en 1979, Barbara a publié un article intitulé « The Need for Medical Research » dans le Journal of Learning Disabilities. Cet article lui a valu une invitation, l’année suivante, à se joindre au Scientific Studies Committee de la Learning Disabilities Association of America qui venait d’être récemment créé. 

Deux ans plus tard, Barbara a été nommée présidente de l’Association canadienne des troubles de l’apprentissage. Elle a alors milité pour le retrait du plomb de l’essence; plaidé pour que certains produits chimiques prioritaires soient testés sur le plan de leur neurotoxicité développementale dans le but de protéger le développement du cerveau; contribué à la conception des lignes directrices de l’OCDE pour l’évaluation de la neurotoxicité; et travaillé sur des questions telles que la vulnérabilité des enfants aux pesticides et aux substances chimiques perturbant le système endocrinien, entre autres choses.

« Je ne sais pas combien de produits chimiques apparaissent sur le marché chaque année… Il est si facile de les y faire entrer, mais si difficile de les en retirer… Tenez, ça a pris presque huit ans pour que le plomb soit retiré de l’essence », dit-elle.

En 2011, Barbara a déposé une pétition officielle au commissaire à l’environnement et au développement durable. Coparrainée par l’Institut canadien de la santé infantile, cette pétition s’intitulait Le manque d’exigences réglementaires s’appliquant aux données découlant des essais de toxicité pour le développement : la nécessité d’intégrer des études sur le développement aux évaluations de l’innocuité des substances chimiques afin de protéger les fœtus, les bébés et les enfants (pétition portant le numéro 322 au http://www.oag-bvg.gc.ca/internet/Francais/pet_lp_f_938.html). 

« Selon moi, tout se résume par la réticence généralisée à tenir compte de l’exposition aux produits chimiques que subissent la mère ou l’enfant à titre de facteur possible et évitable menant à des troubles de l’apprentissage et à d’autres affections du cerveau telles que l’autisme et le TDAH », indique Barbara. « Sur l’ensemble des Chaires de recherche du Canada qui ont été financées par le gouvernement, pas une ne se consacre à la neurotoxicologie, une spécialisation d’ailleurs négligée dans nos universités et dans la recherche en neurosciences ou sur le cerveau. De plus, au Canada, très peu d’attention est accordée aux expositions prénatales et précoces aux contaminants au sein de la littérature issue de la recherche sur le développement des jeunes enfants. »

Entretemps, il semblerait que Barbara ait réussi à injecter un peu de prévention dans les normes d’UL concernant les jouets, alors que cette organisation a adopté la disposition suivante : « Les jouets ne devraient pas inclure d’ingrédients qui sont reconnus ou soupçonnés posséder des effets toxiques sur le développement ou sur le système reproducteur. » Si cette norme est également adoptée par le programme Écologo du Canada, les fabricants de jouets devront respecter ces exigences afin de pouvoir apposer cette certification environnementale sur les étiquettes de leurs produits. 

Même si Barbara se prépare à terminer son mandat au PCSEE et à quitter son rôle de conseillère en matière de politique sur la santé à l’ACTA, il est évident qu’elle continue d’être profondément engagée dans l’avancement de la cause de la santé environnementale des enfants. Récemment, elle a témoigné au sujet de l’utilisation du BPA dans les emballages lors d’une audience organisée par le Maine’s Bureau of Environmental Protection. Le texte complet de sa présentation, en partie basée sur la déclaration commune du PCSEE sur le BPA, est disponible sur le site web de cette organisation.

 

Vous pouvez communiquer avec Barbara McElgunn par courriel à mcelgunnb@rogers.com