Une travailleuse communautaire auprès des communautés autochtones établit des liens entre l’ETCAS et la santé environnementale des enfants

« Je pense que Lyne aime bien me faire sortir de ma zone de confort », dit Lynda Banning. La « Lyne » dont elle parle est Lyne Soramaki, une infirmière de santé publique rattachée au Bureau de santé du district de Thunder Bay. Lyne a recruté Lynda pour qu’elle soit la porte-parole du Comité d’étude sur les questions autochtones lors du lancement local de la vidéo du PCSEE intitulée Cinq choses à faire.

Ce fut un bon choix. Au cours des 22 dernières années, Lynda Banning a travaillé au sein d’organisations autochtones à Thunder Bay et dans la Première Nation de Fort William. Elle fait actuellement partie de l’équipe travaillant sur l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAS) de l’Union of Ontario Indians. Se concentrant sur les effets de l’alcool sur le développement fœtal, ce n’est toutefois qu’à partir de 2008 qu’elle a commencé à considérer les autres façons par lesquelles l’environnement dans lequel vivent les enfants peut affecter leur santé. Cela s’est produit au moment où elle fut invitée à participer à la rédaction d’un livret sur la santé environnementale des enfants autochtones.

Ce qu’elle a découvert était plutôt inquiétant.

« C’était la première fois que j’entendais parler des perturbateurs hormonaux », dit Lynda.

Elle a appris que le rapport des sexes d’une communauté établie dans sa région, la Première Nation d’Aamjiwnaang près de la Chemical Valley de Sarnia, était déséquilibré depuis le milieu des années 1990. Dans cette communauté, il y a deux fois plus de naissances féminines que de naissances masculines.

« Ces chiffres sont complètement différents de ce qu’ils étaient auparavant », souligne Lynda. « Il était difficile de croire à quel point les problèmes environnementaux peuvent avoir un impact sur le développement du fœtus. Je dirais que cette situation a piqué ma curiosité. »

Le livret auquel elle a contribué, Through the Eyes of a Child: First Nation Children’s Environmental Health, a été complété et publié en 2009. C’est à ce moment-là que Lyne Soramaki a réalisé pour la première fois le précieux potentiel de collaborer avec Lynda. Elle lui a alors demandé si elle était prête à coanimer des ateliers de formation destinés aux fournisseurs de services dans les communautés autochtones.

Au cours de sa préparation pour ces ateliers, Lynda a visionné la vidéo intitulée The Scars of Mercury, qui raconte la triste histoire des gens qui vivent dans la Première Nation de Grassy Narrows, et explique les effets dévastateurs que le mercure retrouvé dans l’eau peut avoir sur les sources de nourriture de plusieurs communautés autochtones.

« En regardant la vidéo, j’ai réalisé que plusieurs des symptômes de l’empoisonnement au mercure sont similaires à l’état d’ivresse et qu’ils ressemblent beaucoup à l’ETCAS », dit Lynda. « J’ai pu établir un lien entre l’ETCAS et les substances toxiques retrouvées dans l’environnement en ce sens que le corps de la mère est l’environnement du fœtus en développement. Les bébés dans le ventre de leur mère courent plus de risques de subir les dommages causés par l’exposition à l’alcool et aux substances toxiques retrouvées dans l’environnement au cours de la période de leur développement accéléré dans l’utérus. »

Un autre fruit de la collaboration entre Lyne et Lynda a vu le jour lorsqu’ensemble, elles ont rédigé Protecting Our Children’s Future: A Caring for Mother Earth Checklist, qui constitue une révision de la liste de vérification pour l’environnement domestique que Lyne avait préparée dans le cadre de son travail au Bureau de la santé du district de Thunder Bay. «

Ce document a été lancé exactement au même moment que les rassemblements du mouvement Idle No More ont commencé, donc le moment ne pouvait être mieux choisi », indique Lynda. « Les Autochtones qui, comme moi, n’avaient pas accordé beaucoup d’importance aux problèmes environnementaux ont commencé à être plus conscients de ceux-ci. Ils ont commencé à réaliser les effets nuisibles que les substances toxiques retrouvées dans l’environnement pouvaient avoir sur nos sept prochaines générations. Dans un effort visant à protéger l’environnement, ils se font de plus en plus entendre sur cette question et exercent des pressions sur le gouvernement. »

« Je ne pourrai jamais assez remercier Lyne de m’avoir “fortement” encouragée à travailler avec elle sur ce livre », dit Lynda. « Je pense qu’il est extrêmement important de comprendre les liens entre la santé environnementale et celle des enfants. »

Quant à son rôle de porte-parole pour la vidéo Cinq choses à faire du PCSEE, Lynda fait la remarque suivante : « Je pense que la vidéo est très bien conçue. Je la montrerai avec plaisir à nos communautés à l’occasion d’ateliers qui auront lieu ici dans la région située au nord du lac Supérieur. Elle est instructive et elle fournira des informations pertinentes qui peuvent aider nos communautés à protéger nos enfants des substances toxiques retrouvées dans l’environnement. Ce que j’aimerais, c’est de voir la vidéo traduite dans les différents dialectes de la langue anishinaabemowin. »

Vous pouvez communiquer avec Lynda Banning par courriel à lynda.banning@anishinabek.ca